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Accueil > Séminaires - Colloques > Séminaire inter-laboratoires « Concurrences religieuses, mode d’emploi »

Concurrences religieuses, mode d’emploi. Enquêtes sur les usages de différenciations

Séminaire inter-laboratoires IDEMEC / IMAf / CHERPA

Au cours de l’année 2015-2016, le séminaire inter-laboratoires « Concurrences religieuses, mode d’emploi. Enquêtes sur les usages de différenciations » s’est efforcé d’interroger, de manière comparative, la coprésence et la cohabitation de mouvements religieux, notamment militants de l’islam et du christianisme, en Afrique, en Méditerranée et en Europe. Les chercheurs des laboratoires partenaires (IDEMEC, IMAF, CHERPA) ainsi que les contributeurs invités (IHED, CEIAS, CéSOR, CREM-LESC), travaillent tous sur des terrains d’enquête fortement marqués par la présence (et co-présence) de formes religieuses qui ambitionnent de rallier les croyants à leur lecture des textes et à leur version de la vérité. Souvent les lignes de démarcations les plus conflictuelles ne passent pas entre christianisme et islam mais entre les dénominations d’une même religion, entre une pluralité de courants confessionnels se déclinant dans une multiplication des régimes de Vérités, tous cherchant à se stabiliser les uns par rapports aux autres. La réflexion a d’abord consisté à penser ces modes « négatifs » ou concurrentiels, à partir d’ethnographies menées sur des territoires précis, soient-ils géographiques, pluri-localisés ou virtuels. En mettant le focus sur les régimes d’argumentation au moyen desquels les acteurs (militants, missionnaires, convertis) évoluent sur – et partagent – les mêmes territoires qu’ils s’efforcent de gagner à leur cause, l’attention a porté sur les méthodes et usages du discours de la foi vraie, mais aussi sur les dynamiques de cohabitation.
Echelonné sur six séances, le séminaire a permis de confronter les travaux de onze chercheurs de disciplines différentes (anthropologues, politistes, sociologues, historiens, ethnomusicologues) sur des situations concurrentielles très diverses, engageant la co-présence de courants au sein d’une même religion (sunnismes au Pakistan, islam magrébin en Tunisie), les représentations sociales d’une religion minoritaire (islam en Bulgarie, christianisme en Algérie), les relations des Églises évangéliques-pentecôtistes avec d’autres christianismes locaux – catholiques, orthodoxes – en Afrique (Ghana, Algérie, Maroc, Ethiopie, ancien Burkina-Faso), Europe (Genève, Paris, Stockholm), Amérique du Nord (Toronto), ou encore les confrontations de postures militantes anti-foi chez des « séculiers » laïcs (Suède) ou des « refroidis » de la conversion à l’islam (France).
Au terme de cette première année, chacun des membres partenaire du séminaire inter-laboratoires fait un bilan positif, confirme l’extrême richesse et actualité des phénomènes observés/décrits, et désire reconduire ce séminaire d’une année en vue de déboucher sur la concrétisation d’un projet collaboratif plus ambitieux ou, a minima, un prochain délivrable collectif.
Parmi les pistes importantes qui motivent la volonté de poursuite, il faut souligner la question des relations entre le politique et le religieux dans des contextes de pluralité émergente. Comment la question de la pluralité religieuse se pose-t-elle dans ces divers contextes contemporains, comment est-elle pensée ou – inversement – comment n’est-elle pas pensée ? Et, à la suite de cette réflexion, quelles sont les conditions de possibilités pour que, à notre époque contemporaine marquée par la transformation accélérée des champs religieux, prenne place dans les agendas la reconnaissance pluraliste du religieux ? Dans cette veine, où il s’agit d’interroger les freins et les rouages d’une construction formaliste du pluralisme religieux, les sciences sociales ont aussi à questionner leur rôle. Celles-ci ont souvent une vision panoptique embrassant l’ensemble d’un champ religieux dans une société donnée. Si elles partagent certaines fois ce regard large avec quelques acteurs (religieux) locaux, le plus souvent ceux-ci n’ont qu’une vision partielle de ce champ depuis l’institution qui est la leur ; en outre, les pouvoirs publics (politiques) ne disposent généralement pas de cette vision panoptique. Dès lors, du fait de cette posture singulière, comment les sciences sociales peuvent-elles être amenées à devenir actrices de la construction des pluralismes religieux est aussi l’une des questions méthodologiques de l’horizon de ce séminaire. Par ailleurs, mais toujours selon ces mêmes perspectives, il est également apparu heuristique, d’une part, d’ouvrir les analyses à l’ensemble des catégories et sensibilités religieuses présentes au sein des champs étudiés (et non plus seulement au couple islam-christianisme), d’autre part de renforcer les possibilités d’examen de contextes plus larges, non strictement contraints par l’aire « Afrique-Europe-Maghreb ».

Responsable(s) scientifique(s) :

Christophe Pons (Idemec), Katia Boissevain (Idemec), Sandra Fancello (Imaf), Alix Philippon (Cherpa)

Programmation 2016/2017

  • 24 novembre 2016 - Salle 5, MMSH : 14h30-17h00
  • 15 décembre 2016 - Salle 4, MMSH : 14h30-17h00
  • 09 février 2017 - Salle 4, MMSH : 14h30-17h00
  • 16 mars 2016 - Salle 101, MMSH : 14h30-17h00
  • 06 avril 2017 - Salle 4, MMSH : 14h30-17h00
  • 11 mai 2017 - Salle 4, MMSH : 14h30-17h00
  • 15 juin 2017 - Salle 4, MMSH : 14h30-17h00

Programme complet

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Programmation 2015/2016

  • 05 novembre 2015
  • 17 décembre 2015
  • 04 février 2016
  • 01er avril 2016
  • 28 avril 2016
  • 09 juin 2016